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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 23:15

MARS DISTRIBUTION

John Krasinski et Maya Rudolph dans le film américain de Sam Mendes, "Away We Go".

Sam Mendes vient à peine de raconter l'histoire d'un jeune couple américain qui ne trouve pas sa place dans le monde (Les Noces rebelles, avec Kate Winslet et Leonardo DiCaprio) qu'il en offre une nouvelle version. Frank et April Wheeler, les jeunes dieux piégés dans l'Amérique des années 1950, cèdent leur place à Burt et Verona, qui vivent au XXIe siècle dans le Colorado.

Les stars hollywoodiennes sont ici remplacées par des acteurs de télévision, John Krasinski, qui joue dans la version américaine de la série "The Office", et Maya Rudolph, venue de l'émission satirique "Saturday Night Live". Au lieu de nous convier à contempler la tragédie d'êtres supérieurement beaux, Sam Mendes vous invite à partir en balade avec Burt et Verona, et le voyage s'avère étonnamment plaisant.

Ils vivent donc dans une petite maison perdue dans le brouillard. Ils travaillent à la maison. Burt est courtier. Ce grand dadais barbu que l'on pourrait croire guitariste dans un groupe alternatif vend par téléphone des produits financiers dont on n'est pas sûr qu'ils soient très sains pour l'économie ; quand il se lance dans une transaction, il prend ce qu'il croit être la voix d'un mâle alpha de la finance, et ce gag à répétition conserve son pouvoir comique jusqu'à la fin du film.

Verona illustre des manuels de médecine, elle est enceinte de six mois. Elle a les pieds sur terre et s'inquiète de la future naissance dans cette maison aux vitres brisées. Heureusement, les parents de Burt vivent à côté et pourront donner un coup de main.

Mais ces beaux-parents (interprétés par Catherine O'Hara et Jeff Daniels) sont des enfants des années 1960 qui ne jurent que par la satisfaction de leur désir. En l'occurrence, aller vivre un an à Anvers, en Belgique, en louant leur maison à de parfaits étrangers, et ce juste au moment de la naissance de leur premier petit-enfant.

Fuyant la trahison de ce couple originel, Verona et Burt entreprennent de sillonner les Etats-Unis en fonction des adresses de leurs meilleurs amis. Ceux-ci complètent avantageusement la galerie inaugurée par les parents. La gentillesse et le respect que se témoignent mutuellement les futurs parents se heurtent à une série de variations sur la déchéance du couple. Ces caricatures sont vigoureuses (les énumérer reviendrait à vider le film d'une partie de sa charge comique) et permettent à Allison Janney (qui fut l'une des vedettes de la série "A la Maison Blanche") ou à Maggie Gyllenhaal de s'en donner à coeur joie.

A cette danse macabre des familles et des mariages, le scénario oppose la résilience d'un vrai couple. Dû au romancier Dave Eggers (auteur d'Une oeuvre déchirante d'un génie renversant, Balland, 2001) et à sa compagne, Vendela Vida, ce scénario reprend, sur un mode gentiment ironique, tous les griefs que peut faire à ses prédécesseurs la génération qui atteint aujourd'hui la trentaine. L'égoïsme hédoniste des parents, les lubies new age, la fixation matérialiste, sont épinglés comme autant de petits drapeaux sur la carte des Etats-Unis, au gré du vagabondage de Burt et Verona.

Le spectateur moyen a assez parcouru les routes américaines et attendu dans les aéroports pour considérer pareil voyage avec méfiance. Et c'est là que Sam Mendes surprend. D'American Beauty (1999) aux Noces rebelles (2008), cet homme de théâtre londonien s'est fait une spécialité de dire du mal des Américains (ce qui l'a d'ailleurs rendu assez peu populaire outre-Altantique). Cette fois, l'invité se conduit bien. S'appuyant sur une jolie bande originale dont le fil conducteur est fourni par les chansons d'Alexi Murdoch (néofolk mélancolique), il lance sur les routes deux personnages de bonne compagnie, qui gagnent modestement mais sans conteste leur statut de héros américains.

Le film les dévoile peu à peu. Si Burt ne recèle pas d'autre mystère que son inépuisable provision de bonne volonté, Verona est une figure singulière dans le cinéma américain contemporain, une femme heureuse et sûre d'elle, métisse qui ne se souvient de ce trait que lorsque les autres le lui rappellent ("Est-ce que le bébé sera noir ?", demande belle-maman).

Maya Rudolph lui prête un aplomb tranquille, un humour, qui séduisent d'autant plus immédiatement qu'ils sont l'exacte antithèse de l'arsenal qu'utilisent les actrices américaines d'aujourd'hui.

Film américain de Sam Mendes avec John Krasinski, Maya Rudolph, Maggie Gyllenhaal, Allison Janney. (1 h 38.)

Saadane

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